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[Trail Running] UTMB 2011 > compte-rendu

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Chamonix, vendredi 26 août 2011, 11h

Je suis “basé” à Chamonix depuis le début de la semaine, histoire d’être au plus proche pour récupérer mon dossard, et voir le départ des autres courses de la semaine, la CCC et la TDS.

Salon de l'Ultra-Trail à Chamonix

J'ai un peu traîné dans le Salon de l'Ultra-Trail à Chamonix, en attendant le départ de l'UTMB

Je suis venu participer à l’UTMB, un de mes principaux objectifs en ultra-trail, pour ne pas dire MON objectif principal. C’est LA course mythique, avec un tracé naturel autour du Mont-Blanc. On part de Chamonix, on passe par Courmayeur en Italie, puis Champex en Suisse, et on revient à Chamonix. Le tout en 166 km et 9400 m de dénivelé positif.

L’UTMB c’est ça :
[dailymotion id=xhvppq]

Pour se présenter au départ, il est nécessaire de se qualifier au préalable. Les organisateurs ont mis en place un système de sélection demandant aux concurrents de faire leurs preuves. Une course entre 50 et 75 km en montagne rapporte à peu près 2 points. Une course d’une 100aine de km rapporte 3 points. Avec un 150 km on obtient 4 points. Pour participer à l’UTMB, il faut avoir obtenu 5 points, sur 2 courses. Tous les coureurs qui se présentent au départ vendredi ont donc déjà une grosse expérience en ultra. Quand on sait que, sur cette édition 2011, plus de 50% de ces trailers abandonneront, on comprend pourquoi l’organisation l’a qualifiée d’exceptionnelle dans sa difficulté…

Nous avons compris que cela allait être… compliqué… quand, au petit matin, nous avons reçu un message indiquant que, à cause des orages et du froid attendus, le départ de l’UTMB serait retardé de 5 heures. Au lieu de 18h30, le départ aurait lieu à 23h30.

En tout cas, à 23h30, tout les coureurs  qui se pressent derrière la ligne de départ ont forcément un petit pincement au ventre. C’est le déluge. Nous savons que nous allons très probablement trouver la neige, des orages, et courir sur des chemins glissants… un paramètre de plus à gérer avec l’alimentation, la gestion de la fatigue et tout simplement ce kilométrage et ce dénivelé…

Chamonix, vendredi 26 août 2011, 23h30

Après le discours des officiels, nous écoutons les dernières recommandations de Catherine Poletti, la directrice de course : “si vous arrivez à un point haut et que vous êtes fatigués, vous devez redescendre, coûte que coûte”…pour éviter l’hypothermie… j’y repenserai 24h plus tard au Col Ferret…
La musique de Vangelis qui nous prend aux tripes, et c’est parti. C’est du délire dans les rues de Chamonix, applaudissements, encouragements, les enfants qui veulent qu’on leur tape dans les mains… un bain de foule en même temps qu’une douche froide qui continue de s’abattre sur nous.

Départ de l'UTMB 2011

Le départ de l'UTMB 2011, décalé à 23h30, sous le déluge...

Ça part vite, très vite, un peu plus de 10 km/h dans les rues de Chamonix. Nous rejoignons le rocher des Gaillands, commençons le chemin jusqu’aux Houches, puis attaquons la montée au Delevret.
Jusqu’ici tout va bien, j’ai contrôlé ma vitesse, pas trop vite pour ne pas me griller. Tous les voyants sont au vert.


Samedi 27 août 2011, 1h49
2h20 de course, 14 km et 948 m de dénivelé positif parcourus

UTMB 2011 - Jusqu'ici tout va bien

UTMB 2011 - Jusqu'ici tout va bien

Je viens de passer le contrôle au sommet du Delevret, je commence la descente vers St Gervais. Tout se passe comme prévu. Je commence à doubler mes collègues trailers, 250 places de gagnées sur cette section…
Et soudain, la tuile. Je sens un choc contre ma cheville droite. Un coureur qui me suivait vient de glisser, et s’est arrêté contre moi. Sur le moment la douleur est tout à fait tolérable. Mais au fur et  à mesure que je descends vers Saint Gervais, elle est de plus en plus présente…


Saint Gervais, samedi 27 août, 3h
3h30 de course, 21 km et 993 m de dénivelé positif parcourus

Saint Gervais est derrière moi, direction les Contamines. J’essaie de ne pas trop tirer sur mon pied, mais cela se complique carrément. Je réduis ma vitesse en espérant que cela va passer…
En arrivant aux Contamines j’hésite un peu.  Nous allons nous engager vers la Croix du Bonhomme, première grande ascension… je sais que ce sera compliqué de faire demi-tour si ça ne passe pas… allez, on tente le coup.
A mi-chemin, au refuge de La Balme, je m’arrête à la tente médicale. Un médecin regarde ma cheville, diagnostic une tendinite suite au choc, me met un peu de crème anti-inflammatoire, 2 Doliprane, et c’est reparti. Mais… ça fait toujours aussi mal. Il est 6h48, il neige et le jour s’est levé. L’ambiance est magnifique.
Commence la descente vers les Chapieux. Très longue descente, car je ne peux pas courir avec ma cheville. Le moral est au plus bas. Chris m’envoie un SMS pour me demander si ça va… dans mon esprit la course est terminée, impossible de parcourir les 120 km qu’il me reste avec une cheville dans cet état. Comme je m’appuie sur la jambe gauche pour compenser, je commence à avoir une tendinite du fascia lata (TFL) au genou gauche, la hantise du trailer…


Les Chapieux, samedi 27 août, 9h40
10h13 de course, 50 km et 2909 m de dénivelé positif parcourus

Je suis à la base des Chapieux. Mon objectif, me reposer la cheville un moment, et voir si je suis capable de repartir. Je cherche si je vois un médecin et je trouve… un kiné ! Celui-ci manipule ma cheville, tire dessus, la masse, puis masse mon genou gauche… m’arrachant quelques hurlements au passage. Mais quand je redescends de sa table, c’est un vrai miracle, la douleur s’est considérablement estompée…
Du coup c’est reparti. Dans mon esprit je crois que c’est là que la course a basculé. C’est décidé, je vais finir. Il est 10h20, je repars avec une confiance totale.
Je passe l’info à Chris : oublié l’abandon aux Chapieux, rendez-vous à Courmayeur. Explosion de joie de l’autre côté du Mont-Blanc, elle me voyait déjà rentrer en car…
J’enchaîne le Lac Combal, la montée sur l’arête du Mont Favre. Je reçois un SMS indiquant un changement des barrières horaires. Sur le moment je n’y fais pas spécialement attention… je ne suis jamais vraiment concerné par les barrières horaires… La douleur est toujours là, mais complètement supportable. La confiance elle, toujours en phase ascendante. Ambiance épique sur l’arête du Mont Favre. L’hélico fait des images et tourne autour de nos têtes. Il fait toujours aussi froid mais il s’est arrêté de pleuvoir. Commence la traversée vers le Col Checrouit, je m’arrête un moment pour me déshabiller, enlever le surpantalon imperméable et arrêter enfin de macérer !
La descente vers Courmayeur fait revenir les douleurs… il fallait s’y attendre.


Courmayeur, samedi 27 août 2011, 16h27
17h de course, 78 km et 4’406 m de dénivelé positif parcourus

A la base de vie de Courmayeur, je retrouve Chris, Mila, ma soeur Catherine, Anaëlle ma nièce, et mon père… la famille est venue en force! Très long arrêt auprès des kinés… je m’attendais au même résultat qu’aux Chapieux, mais déception, leurs manipulations ne sont pas aussi miraculeuses. Ils me propose du kinesiotaping. Apparemment cela marche fort au Japon… mais il s’avérera que l’effet sera nul sur moi…

Mila et Annaëlle, mes supportrices ! (en paparrazzi derrière, Catherine...)

Courmayeur c’est un peu la cour des miracles de l’UTMB… certains coureurs ont vraiment souffert, j’en vois à côté de moi qui ont déjà les pieds en lambeaux… après avoir eu les pieds trempés toute la nuit, les frottements, les ampoules, ils sont partis pour de longues heures de douleur.
Je me change, embrasse tout le monde, il est temps de repartir. Le moral est toujours au beau fixe, même si je me traîne toujours aussi lentement…


Bertone, samedi 27 août 2011, 18h52
19h23 de course, 82 km et 5’215 m de dénivelé positif parcourus

J’arrive à Bertone, un refuge en-dessus de Courmayeur. J’ai remonté 350 coureurs depuis mon départ des Chapieux. Je me pose un moment pour m’alimenter, et tout s’enchaîne très vite… je sens le froid qui me gagne, une très forte nausée, je réalise que la nuit va bientôt arriver et que je n’ai pas pris le bon matériel… une veste goretex trop légère, j’ai laissé la plus épaisse dans mon sac d’assistance. Cela veut dire que je vais passer le Col Ferret de nuit, exposé au froid. Quel c…
Conclusion : pas le temps de s’arrêter et prendre le risque de se refroidir, il faut enchaîner. Je dois arriver à La Fouly, où je dois retrouver ma soeur et des vêtements chauds.
La traversée après Bertone est particulièrement longue et monotone… il s’agit d’une succession de petites montées, puis du plat, puis montée, etc… avant d’aller chercher une longue descente vers Arnuva.


Arnuva, samedi 27 août 2011, 21h40
22h20 de course, 95 km et 5’564 m de dénivelé positif parcourus

Pause très rapide, et je repars vite pour attaquer l’ascension que je redoute le plus… le Grand Col Ferret. Ça grimpe dur, longtemps… Je prends un petit rythme et ne le lâche pas du début jusqu’à la fin. Les derniers lacets en haut du col sont interminables, le froid est glacial… J’ai mis de la musique sur mon iPhone pour essayer de rester réveiller mais c’est difficile…
Il est 23h45 quand je passe au sommet du Grand Col Ferret, les bénévoles sont frigorifiés et sont assez fermes : “vous ne traînez pas, vous vous dépêchez de rejoindre la vallée…”.
Bienvenue en Suisse.
La descente vers La Fouly est aussi longue que la montée vers le Col Ferret. Le sommeil répète ses assauts et je n’ai qu’une seule envie : m’allonger sur le bord du chemin, et dormir… C’est la deuxième nuit sans dormir, il fait froid et je suis fatigué… Les piles de ma lampe frontale sont épuisées, mais je n’ai plus la volonté pour m’arrêter et les remplacer. Je ne vois plus grand chose, je suis seul quand j’arrive dans un petit village que je crois être La Fouly. Mais non! Un petit groupe de spectateurs me dit de suivre un chemin qui remonte : “4 petits kilomètres”…. qui s’avèreront particulièrement pénibles… et une fois accomplis, et bien… il faut redescendre!
Je ne pense plus qu’à arriver au ravitaillement et à m’allonger un moment…
Je vois une personne devant moi qui a l’air complètement saoul. Un fêtard égaré? Je m’approche avec précaution, c’est un coureur, complètement épuisé, qui s’endort debout. Je lui fais la conversation jusqu’à notre arrivée à La Fouly, où je retrouve Catherine ma soeur, Patrice, et leurs 3 filles Anaëlle, Aloyse et Aurélie. J’hallucine de les voir là en pleine nuit, pour me soutenir. Merci  !!!


La Fouly, 2h30, dimanche 28 août 2011
27h de course, 110 km et 6’521 m de dénivelé positif parcourus

A peine arrivé, je demande à Catherine si je peux dormir un moment dans leur voiture. “Non… elle est trop loin du ravitaillement…”. Pas grave, je m’assieds sur un banc, mets une serviette sur ma tête, pose la tête sur la table, et m’endors dans le 100ème de seconde suivant. 10 minutes plus tard, Catherine me secoue… “Euh… je crois que je vais dormir encore”. Et c’est reparti pour 10 minutes! Ensuite, il faut vraiment y aller, les barrières horaires se resserrent.
Dehors il fait froid, très froid, après ces longues minutes de repos. Et ma cheville me fait toujours trop mal pour que je puisse courir. J’accélère le pas pour essayer de rester dans les temps… Cette portion est très monotone, pas de sommet à franchir, on passe le long de torrents, puis sur un petit chemin très sinueux. Je suis avec un groupe depuis La Fouly, quand tout à coup je suis surpris par la présence de chaînes sur le côté du chemin. Petit coup d’oeil de l’autre côté : nous sommes en train de longer un précipice, mais aucun d’entre nous ne s’en est rendu compte!
Nous arrivons ensuite dans des petits villages suisses tout endormis… c’est sans fin. J’ai l’impression de visiter tous les villages du Valais…
Ma cheville me fait de plus en plus mal. Et je commence à être vraiment inquiet pour mon genou gauche…
A une intersection, je rencontre Jean-Charles Perrin, responsable des partenariats de l’UTMB et organisateur lui-même de l’Eco-Trail de Paris. Sympa de croiser une tête connue ! Il me recommande de ne rien lâcher, c’est promis !
Enfin, nous attaquons la montée vers Champex, toujours le même petit groupe… nous gardons un bon rythme, mais la progression est toujours aussi monotone…


Champex, 6h35, dimanche 28 août 2011
31h07 de course, 124 km et 7’106 m de dénivelé positif parcourus

Enfin, c’est l’arrivée à Champex. Je retrouve Catherine, Patrice, Aurélie, Aloyse et Anaëlle, et je file chez les kinés ! Ce sont les mêmes qu’à Courmayeur. Je leur explique que le kinesiotaping n’a pas eu l’effet escompté. Ils me massent les tendons douloureux et la cheville, en espérant que cela estompera la douleur. Pas trop le temps de m’attarder, j’embrasse la famille qui va aller se coucher, et passer le relais à ma femme !
C’est reparti direction Martigny… Le chemin normal de l’UTMB passe par le sommet de Bovine, mais un orage a tout détruit… Le parcours est modifié. Nous longeons alors le lac de Champex, puis attaquons une descente de 8 km vers Martigny. Manifestement ma cheville va un peu mieux, mais cela commence à devenir critique du côté de mon genou gauche et la tendinite. Amortir la descente est de plus en plus douloureux, et mon genou “lâche” de façon très régulière… ça promet, il reste au moins 46 km à parcourir… Arrivés à ce que nous croyons être Martigny, se dresse face à nous un côteau de vignes. Nous attaquons la montée sous un soleil de plomb, puis traversons vers ce que nous croyons être Trient… mais en fait, pas du tout ! C’est de nouveau Martigny où nous arrivons, et quand on nous pointe par où nous devons passer, c’est la panique…


Martigny, 11h07, dimanche 28 août 2011
35h38 de course, 137 km et 7’831 m de dénivelé positif parcourus

Face à nous se dresse le Col de la Forclaz, et 1’000 m de dénivelé à avaler. Un rapide calcul : ça ne va pas passer… tout le peloton prend peur… Coup de fil à Christelle qui est déjà à Trient : apparemment les coureurs qui viennent d’arriver ont mis 2h15 pour arriver. Si je mets 2h15 ça passe. Si je mets 3h, ça casse. Je mets le turbo et attaque une des plus dures montées de toute la course. L’impression qu’elle ne finira jamais, une déclivité très forte, une chaleur accablante. Heureusement de nombreux habitants se sont installés devant chez eux et nous proposent de remplir nos gourdes… je crois que sans ces relais improvisés, je n’aurais pas pu passer l’épreuve… Je double, double et re-double encore, hors de question d’être mis hors délai.

Mes chéries m'attendent !

On arrive à la Forclaz, et on redescend vers Trient… là impossible de tenir un bon rythme, mon genou ne peut tout simplement plus tenir. Je me fais doubler par un grand nombre de ceux que j’avais distancé dans la montée.


Trient, 13h34, dimanche 28 août 2011
38h05 de course, 145 km et 7’911 m de dénivelé positifs parcourus

Strappé...

J’arrive enfin à Trient, j’ai mis 2h20, la confiance revient… un bisou rapide à Chris, Mila, Juliette et mon père, et je fonce chez le kiné. Celui-ci me propose un strap au genou, tout ce que vous voulez !!! Je me ravitaille rapidement et c’est reparti pour l’ascension de Catogne. On m’annonce 2h de montée, 1h de descente, c’est complètement jouable pour être dans les barrières horaires.
La montée se passe très bien. La motivation est maximale, le rythme régulier et bon, je double en continu… l’ascension se fait en 1h20, je suis gonflé à bloc, je vais vite déchanter dès le début de la descente! Mon genou me fait atrocement mal, impossible de courir, or c’est une portion où il faudrait impérativement le faire pour ne pas perdre trop de temps. La descente dure, dure…. et le moral est au plus bas. La fatigue me tombe dessus… A un moment j’ai dû m’endormir, car je me retrouve à me demander ce que je fais ici, si c’est un rêve que je fais, si c’est bien réel qu’il faut que je me dépêche à ce point, si je ne peux pas tout simplement m’allonger un moment et me reposer…
La descente s’éternise, et la barrière horaire de Vallorcine s’approche très très dangereusement. Ce sont des moments particulièrement difficiles, se dire qu’on peut tout perdre, détruire tous les efforts consentis, à cause de ce fichu genou… Tout à coup je commence à entendre le speaker de Vallorcine… il met la pression à tous les coureurs qui sont dans la descente… plus que 30 minutes, plus que 25…. Et enfin, je croise un accompagnant, probablement venu motiver un coureur, qui m’assure que j’y suis presque : “tiens le coup, dans 5 minutes max tu y es…”.


Vallorcine, 16h45, dimanche 28 août 2011
41h15 de course, 155 km et 8’631 m de dénivelé parcourus

Pfiou… je finis par arriver avec 15 minutes d’avance sur la barrière horaire, j’entre au ravitaillement et ressors aussitôt, histoire de valider mon passage et… je m’écroule par terre, histoire de reprendre mes esprits… J’ai vraiment eu peur, je me voyais rater mon UTMB pour quelques minutes… l’horreur… Mila me tend une assiette avec fromage, bananes… je mange rapidement. Pas le temps de s’arrêter, je remercie mon père, Chris Mila et Juliette pour leur aide, et c’est reparti. Chris : “le gars du ravitaillement m’a dit qu’il ne fallait pas que tu traînes, si tu passes Argentières dans les temps, tu pourras finir”. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, je remets le turbo… Nous sommes arrivés dans la vallée de Chamonix, la foule est bien là pour nous encourager, c’est déjà émouvant, je commence à penser à la ligne d’arrivée, mais je reste sur la défensive. Je commence à être de moins en moins lucide, et je m’attends à tomber sur un “piège” : un dernier col à passer, une dernière épreuve avec le chronomètre, mais… rien ! Enfin… il semblerait qu’il y avait quand même 920 mètres de dénivelés positifs, mais je ne les ai pas vu passer !


Argentières, 18h04, dimanche 28 août 2011
42h35 de course, 161 km et 9’552 m de dénivelé positif parcourus

J’arrive à Argentières et passe en trombe au ravitaillement… je veux juste arriver à Chamonix ! Ces derniers kilomètres vont s’avérer particulièrement longs… nous longeons la ligne de chemin de fer, puis attaquons la montée vers les balcons Sud, avant de redescendre sur Chamonix… le chemin est pavé de pierres particulièrement douloureuses pour nos plantes de pieds…
Je suis de moins en moins lucide, de plus en plus confus.
L’impression que cela ne va jamais se terminer.


Chamonix, 20h19, dimanche 28 août 2011
44h41 de course, 167 km et 9’586 m de dénivelé positif parcourus

Enfin l’arrivée dans Chamonix… et là tout se remet en place, et je ne pense plus qu’à une chose : profiter. Il y a deux ans à l’arrivée de la CCC j’avais voulu courir pour me prouver que je pouvais encore le faire. Cette fois-ci hors de question de me presser ! Je sers des main, salue des spectateurs, plaisante avec eux… je savoure ! J’ai même le plaisir d’être applaudi par Tsuyoshi Kaburaki, 7ème de l’épreuve et organisateur de l’Ultra-Trail du Mont-Fuji… j’espère participer un jour! Enfin je retrouve toute la famille, les filles me rejoignent sur le parcours et c’est la dernière ligne droite pour être finisher…

UTMB - Dernière ligne droite !

UTMB - Dernière ligne droite !

Derrière la ligne d’arrivée je tombe dans les bras de Chris, et je retrouve Michel Poletti et son petit-fils. Il fait appeler Catherine Poletti, et c’est très émouvant pour moi de la retrouver après ces 8 mois de collaboration autour de la course, du Forum, de Facebook, Twitter…

Christelle et moi !

Avec Catherine Poletti, Mila et Juliette

Michel Poletti et son petit-fils, Jean-Charles Perrin, Catherine Poletti, Mila de dos et moi

Ensuite direction la maison de Catherine et Patrice, à 200 m de l’arrivée, l’effort n’est pas trop violent ! Douche… et une vraie bonne raclette ! Merci Patrice !!!
Et puis je vais vous surprendre, mais je suis allé me coucher….

Bilan

L’UTMB 2011 aura été une édition particulièrement difficile :
- la distance a été considérablement allongée : 170 km, 9’700 mètres de dénivelés positifs- la météo a été exécrable
- les sections ont changé, et nous avancions à “l’aveuglette”, sans vraiment savoir ce qu’il y avait devant nous
- le départ a été décalé de 5 heures… sur un UTMB “normal” j’aurais dû passer 1 journée et 2 nuits sur les chemins… sur cette édition cela aura été 2 journées et 2 nuits… et une journée de plus (chaleur, luminosité…), c’est dur !
- les barrières horaires ont été fortement resserrées…

tout cela a fait que le taux d’abandon a été supérieur à 50%… on m’a parlé de 56%…

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=TFWDUsvLCoE]

Ma cheville et mon genou semblent être réparés 2 semaines après la course, mais je me méfie… il faut tester sur un entraînement plus sérieux… mais il me faut encore du repos avant d’attaquer de nouveau…

Dans tous les cas je suis vraiment fier d’avoir pu finir dans ces conditions, même si mon temps a été bien plus long que ce que j’imaginais… je suis aussi fier et heureux d’avoir cette famille qui m’a suivi et soutenu pendant toutes ces heures de préparation (entraînements, courses….), et tous ces amis qui m’ont envoyé des messages de soutien et d’encouragement… MERCI !

Toute l'équipe + Michel !

Dans un mois, rendez-vous à La Réunion, pour Le Grand Raid « La Diagonale des Fous », et une tentative de doublé !!!

Question organisation, tout s’est bien passé. Nous avions mis en place avec The North Face un système permettant aux coureurs de partager leurs temps de passage sur leurs comptes Facebook et Twitter… et cela a été un grand succès !!! Plusieurs milliers de coureurs se sont inscrit et ont permis à leurs amis de suivre activement leur progression…

A voir, les pages dont je suis l’animateur :

- la fan page Facebook de The North Face® Ultra-Trail du Mont-Blanc®

- les photos de l’événement sur Facebook

- la page Twitter de  The North Face® Ultra-Trail du Mont-Blanc®

Written by ultratrailme

septembre 8th, 2011 at 7:09

3 Responses to '[Trail Running] UTMB 2011 > compte-rendu'

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  1. Je l’ai fait,

    Je l’ai fait, c’est impensable, mais je l’ai fait !
    Hier soir, sans plus de préparation que cela, après un dîner à peine arroser avec des amis, je l’ai fait !
    Les conditions n’étaient guère optimales pour moi : bien qu’une météo clémente ce soir-là, le manque de préparation mentale et le départ tardif ne me prédisposaient pas à la réussite d’une telle aventure, pourtant je me demande avec le recul, si cela n’a pas jouer en ma faveur – se lancer aveuglement dans cette épreuve, et surtout sans savoir ce qui m’y attendait. Je crois bien que la tentative aurait avorté dans l’œuf si j’en avais connu tous les aboutissants dès le départ.
    Et puis voilà, 23H30, le coup de sifflet, le départ, les cœurs qui battent, l’excitation qui montent, si forte, si intense qu’elle en est palpable. Je sens tout autour de moi cette moiteur et cette humidité qui se dégage : pas celle causée par les trombes d’eau qui s’abattent sur nous, mais celle dégagée par tous ces corps qui se pressent, se grouillent, se frottent dans la masse. Je fais corps, me fond dans cet élan vital, ne fais plus qu’un avec cette vague d’espoir qui nous porte. Il flotte dans l’air une fragilité palpable, presque tangible.
    Que restera-t-il de nous dans les heures qui suivront ? Alors que seulement une partie de nous franchira le point d’arrivée ?

    La ligne d’arrivée, je l’ai franchi avec toi Fab, avec 15jours de retard, mais la lecture de ton récit m’a touché, ému, fait vibrer. Limite que j’en n’ai pas eu mal aux jambes et à la cheville, mais je me suis bien vite recalé dans mon fauteuil et tout est passé !
    Magnifique ! Magnifique et passionnant, je réalise aujourd’hui combien cette épreuve peut-être inhumaine pour le commun d’entre nous, et de l’avoir vécu un peu de l’intérieur à travers toi, je vois toute la force qu’il faut pour boucler le tour.
    Admiratif, oui ! Content, aussi ! Immensément content pour toi, car tu dois l’être toi-même !
    Heureux pour toute la petite famille qui doit être fière de leur papa et chéri !
    Prends soin de toi, bonne récup !
    Rémi

    rémi

    11 sept 11 at 6:39

  2. Fabrice,
    Je suis trop contente que ta douce m’ai envoyé ce lien
    Quand tu m’as parlé de ta course aux 60 ans de Chantal, tu m’avais « mis un peu l’eau à la bouche », mais là ton blog ! c’est trop ! pour te dire mes enfants ont essayé de m’interrompre dans ma lecture, mais « no way ! »
    Je m’y croyais ! j’ai vibré avec toi ! les vidéos sont superbes, j’ai adoré la photo de la ligne d’arrivée ou tu profites à 200%, tu as l’air frais après 44h41 de course ! et celle avec Chrys m’a mis la larme à l’oeil, j’avoue !
    Bref tout y est, je n’ai qu’un mot BRAVO, encore et encore, ton mental y est pour beaucoup, tu étais bien préparé et quelle humilité ! VIVEMENT LA DIAGONALE DES FOUS, que je revibre avec toi et ton fan club
    Bénédicte

    Bénédicte

    14 sept 11 at 4:50

  3. Formidable aventure, on regrette de ne pas avoir été présents physiquement.
    Grâce aux comentaires et photos (magnifiques) on y était un peu.
    mille bravos
    les rollier
    ps : finalement les piles de la frontale s’usent rapidement….

    rollier

    3 oct 11 at 8:42

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